vinaigrette

La vinaigrette ou les secrets parfumés… de la joaillerie.

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L’ancêtre : le pomander

D’abord, il y eut le pomander. À la fin du Moyen Âge, cette petite sphère ajourée, suspendue à la ceinture ou au cou, renferme un mélange d’herbes, d’épices et d’ambre gris. On la porte pour masquer les odeurs des rues et, croit-on, se préserver des miasmes. Un exemplaire en buis, retrouvé à bord du navire Mary Rose, en témoigne encore aujourd’hui : il tenait au bout d’une cordelette de soie, prêt à parfumer l’air vicié des cales Tudor.

vinaigrettes

La vinaigrette

Puis vient l’évolution. À la Renaissance, les orfèvres miniaturisent le pomander. Les compartiments se multiplient. L’objet se pare d’or, d’émail et de pierres. Cependant, les corsets du XVIIIᵉ siècle rendent la respiration difficile ; les dames s’évanouissent. Il faut une senteur plus vive : le vinaigre aromatique. Ainsi naît la vinaigrette.
Compacte, elle renferme une éponge imbibée de vinaigre à la lavande. Un couvercle finement perforé diffuse le parfum. Le geste est simple : on ouvre, on respire, on reprend ses esprits. Rapidement, la fonctionnalité se double d’esthétique. Les artisans cisèlent l’or, le vermeil, l’argent. Les formes se diversifient : coffrets, bourses, miniatures animalières mais aussi bracelets, bagues ou breloques de châtelaine.

Diversité des modèles

Certains modèles jouent même l’audace comme celui ci-contre en forme de crâne, conservé au Science Museum de Londres juxtapose un crâne et un visage. À l’intérieur, quatre compartiments accueillent des essences différentes ; à l’extérieur, le motif rappelle la fragilité de la vie et le pouvoir du parfum.

Les hommes adoptent aussi l’accessoire, mais suspendu cette fois -ci à une chaîne de montre pour rester à portée de main. De plus, il affirme un rang : métal précieux, émaux polychromes, mosaïques italiennes rivalisent de virtuosité.

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Aujourd’hui, collectionneurs et musées redécouvrent ces bijoux d’ingéniosité. Chaque pièce raconte une histoire : celle d’une époque où le parfum se portait en secret, enfermée dans un écrin d’art. Ainsi, ce petit flacon prouve qu’un objet peut conjuguer hygiène, santé et haute joaillerie, tout en traversant les siècles avec grâce et modernité.

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