Le rubis, une pierre d’exception!
« Mère de toutes les pierres précieuses » (chez les Grecs ), « Fleur parmi les pierres » (chez les Romains), « Roi des pierres précieuses » (en Inde). Depuis l’Antiquité, toutes les civilisations s’accordent pour octroyer au rubis la première place parmi les pierres de couleur. et même parmi l’ensemble des gemmes. Et parmi, les rubis, les plus rares, les plus beaux, les plus mythiques, et les plus chers aussi, proviennent de Birmanie. Pourquoi ces pierres rouges sont-elles si extraordinaires, et surtout lorsqu’il s’agit de rubis de Birmanie ?
La nature du rubis
La rareté
Le rubis fait partie de la famille des corindons. C’est-à-dire qu’il est de la même famille que les saphirs, les oxydes d’aluminium. Toutefois, les beaux rubis sont les plus rares car ils se forment dans des conditions extrêmes et très particulières. Ils naissent dans certaines roches métamorphiques ou volcaniques, dans lesquels se trouve du chrome (élément chimique qui leur donne leur couleur si particulière).


Le site planetoscope estime qu’environ 95 600 kilos de cette gemme sont extraits chaque année. A titre comparatif, pour les diamants, d’après le même site, on serait plutôt aux alentours de 29,4 tonnes.
La beauté
Les rubis croissent également sous très forte chaleur et pression, ce qui explique que bien des pierres soient incluses, fissurées ou opaques. Les pierres qui ont naturellement, sans intervention humaine, une belle couleur, une belle transparence, sont extrêmement recherchées.
Afin d’améliorer l’apparence de certains bruts, des traitements ont été mis en place. On peut chauffer les pierres pour dissoudre des inclusions et ainsi obtenir une meilleure couleur ou transparence. On peut couler de l’huile ou de la résine dans les pierres qui sont fragilisées par des fissures, afin de les rendre plus résistantes.
Sa résistance
Le corindon rouge est recherché car il s’agit d’une pierre « solide ». Sur l’échelle de dureté de Mohs, il se trouve à 9. A part le diamant qui est à 10, il n’y a pas d’autres pierres plus dures que les corindons. Cette dureté permet aux joailliers de pouvoir imaginer tout type de bijou, de ne pas trop craindre les chocs, de résister aux traitements d’embellissement…
L’Histoire du « Roi des pierres précieuses »
La première exploitation d’une mine de rubis remonterait à l’Antiquité au Sri Lanka. Mais dans toutes les civilisations, nous en trouvons des traces.
En Inde, une légende raconte que Dieu a créé cette gemme en premier, puis l’homme pour le posséder.
Dans l’Ancient Testament, on retrouve 4 citations autour de cette pierre, liées à la sagesse et à la beauté.
Les Grecs et les Romains l’appréciaient également et transmirent leur admiration aux siècles suivants. A la Renaissance, avec les grands explorateurs et les marchands venus de terres lointaines, des rubis arrivent jusqu’aux cours européennes. Ces pierres étant extrêmement rares, elles restent l’apanage de la royauté.
Ce ne sera qu’au XIXème siècle, avec l’arrivée des Britanniques en Asie, que leur commerce va se densifier et son usage se démocratiser. De 1889 à 1931, les Britanniques s’emparent de la région de Mogok en Birmanie et mettent en place une extraction quasi industrielle. Profitant des rendements plus importants, la joaillerie s’empare de ces pierres et les actrices et célébrités le popularisent.
Le rubis de Birmanie

La Birmanie est connue pour sa région de Mogok, « la vallée des rubis ». C’est de là que sont issus les plus belles gemmes rouges, de la plus belle couleur, les fameux « sang de pigeon ». Il s’agit d’un rouge intense, légèrement teinté de bleu. Une couleur inimitable qui lorsqu’elle est alliée à une transparence parfaite, fait s’envoler les prix. Bien au-delà des prix des diamants. Ainsi le dernier record pour un rubis s’élève à 425 000 USD par carat.
La région de Mogok a toutefois malheureusement été pillée. Les extractions continuent toujours, mais dans des mines anciennes dans lesquelles les filons se raréfient. Il est fort probable que d’ici quelques années, plus aucun corindon ne sortira de cette région.
Enfin, en raison du contexte géopolitique de ce pays, le commerce des pierres de ce pays est extrêmement contrôlé. Les joailliers ne créent plus de bijoux avec des pierres de Birmanie, ou alors uniquement à partir de pierres anciennes. Ce qui contribue également à faire monter l’intérêt pour les rubis de Birmanie du marché de l’occasion.
Les rubis naturels, sans traitement, sont recherchés car rares. Mais lorsqu’ils sont issus de Birmanie, ils sont encore davantage désirés car ceux sont les plus beaux qui bientôt ne se trouveront plus du tout sur le marché.
Source : Laboratoire SSEF
